Nasher,
Né en 1974 dans l’Est de la France, David alias Nasher a vu naitre le graffiti à Nantes. Il emménage alors en Loire Atlantique dans la commune de Rezé en 1986. La ville est à ce moment là, vierge d’activité graffiti. Le hasard faisant parfois bien les choses, son voisin de palier n’est autre que Web’s (voir portrait Webs). Mais ça, il ne le sait pas encore. En 1988, le film Beatstreet provoque en lui la sensation d’une nouvelle ère. Il démarre ensuite ses premiers coups de bombes sur les murs du collège. Des premiers jets tous plus insatisfaisants les uns que les autres. Deux ans plus tard, en 1991, Nasher débute intensément sa pratique de graffeur accompagné cette fois-ci par Web’s. Les blases n’étant pas encore au cœur de leur démarche, ils »tapent » alors entièrement les murs de la ville. Ils inscrivent plein de mots ou de bouts de phrases plus ou moins politisés. Eux-mêmes ne savent pas exactement ce qu’ils font…

Très vite, ils se retrouvent à une petite dizaine à exercer. Ils forment un noyau dur de quatre ou cinq graffeurs. …Durant toutes les années quatre vingts dix, Nasher a exploré la ville tel un loup aux pattes trempées de peintures fraîches. Il sera évidemment vite repéré et participera à des centaines de »plans » graffs un peu partout en France. …

En parallèle, il démarre la peinture sur toile mais voit cela comme extérieur au graffiti. Une démarche qui tutoie l’art abstrait. Tout comme Web’s, Nasher fera la rencontre des talentueux Loomit, Daim ou encore Darco sur des festivals et notamment pour la fresque réalisé lors de la coupe du monde de football 1998. De plus, lors de l’exposition »Faire le mur » au Lieu Unique à Nantes en 2011, il peint aussi aux côtés de Mode 2 et Shoe. Peu attiré par l’univers des personnages, il est reconnu entre autres par ses pairs pour sa maitrise des lettrages. Aujourd’hui moins présent sur les terrains, Nasher s’inscrit comme l’un des premiers a avoir colorié la ville de Nantes. Attention, un vieux loup reste toujours dans les parages…


Extrait du livre « Certifiées HipHop »